Méiose, fécondation et brassage génétique
Situer les deux brassages, interpréter un croisement-test et schématiser une anomalie chromosomique.
SVT · fiche gratuite · 14 min de lecture
La méiose relève de la génétique ; les deux autres chapitres de SVT en accès libre relèvent de l’expression du patrimoine génétique et du système nerveux. Tous les trois sont au programme de l’écrit — fiche + QCM corrigé, sans compte, sans email : La cellule et l’expression du patrimoine génétique · Système nerveux, motricité et plasticité. Ou reçois l’accès à tes chapitres gratuits par email.
Ce qu'il faut savoir faire
Situer chaque brassage au bon moment de la méiose, interpréter les proportions d'un croisement-test, et schématiser une anomalie chromosomique : ce sont les trois gestes que cette fiche te fait travailler. Le programme, lui, écrit ses capacités exigibles autrement — et plus largement : « Schématiser les conséquences de la méiose pour deux paires d'allèles portés par deux chromosomes différents ou par un même chromosome », « Interpréter des résultats de croisements avec transmission de deux paires d'allèles (liés ou non entre eux), portés ou pas par les chromosomes sexuels », « Schématiser les mécanismes expliquant certaines anomalies chromosomiques après méiose et fécondation » et « Comprendre les relations de dominance / récessivité en fonction de l'équipement chromosomique chez les diploïdes ». Retiens le « liés ou non entre eux » et le « portés ou pas par les chromosomes sexuels » : au bac, le croisement-test n'est pas toujours celui de deux gènes indépendants.
Les deux divisions
Méiose I, dite réductionnelle : séparation des chromosomes homologues. On passe de 2n à n. C'est là que se produisent les brassages. Méiose II, dite équationnelle : séparation des chromatides sœurs. Le nombre de chromosomes ne change plus.
Les deux brassages — à ne jamais intervertir
Brassage intrachromosomique : en prophase I, les chromosomes homologues s'apparient et échangent des segments par crossing-over. Résultat : des chromosomes recombinés, portant un mélange d'allèles paternels et maternels.
Brassage interchromosomique : en anaphase I, chaque paire d'homologues se répartit indépendamment des autres. Pour n paires, cela donne 2ⁿ combinaisons possibles — soit environ 8 millions chez l'humain.
La fécondation ajoute un troisième niveau de brassage, en réunissant deux gamètes tirés au hasard.
Le croisement-test
On croise un individu hétérozygote avec un individu homozygote récessif. Les proportions de la descendance révèlent directement les gamètes produits.
- 4 phénotypes équiprobables (25 % chacun) → gènes indépendants, portés par des chromosomes différents.
- 2 phénotypes majoritaires (parentaux) et 2 minoritaires (recombinés) → gènes liés, sur le même chromosome. Les recombinés proviennent d'un crossing-over.
C'est le raisonnement le plus rentable du chapitre : partir des proportions, conclure sur la localisation des gènes.
Quand la méiose dérape — la moitié du chapitre qu'on oublie de réviser
Le programme ne s'arrête pas au brassage réussi : « des anomalies peuvent survenir au cours de la méiose : crossing-over inégal ; migrations anormales de chromatides ». Et la capacité attendue est explicite : schématiser les mécanismes expliquant certaines anomalies chromosomiques après méiose et fécondation.
Le crossing-over inégal
En prophase I, deux homologues portant des séquences ressemblantes s'apparient de travers. L'échange n'est alors plus symétrique : un chromosome repart avec deux copies du gène, l'autre avec aucune — duplication d'un côté, délétion de l'autre.
C'est le mécanisme qui fabrique les familles multigéniques : un gène ancestral est dupliqué, puis chaque copie accumule ses propres mutations et diverge. D'où la règle de lecture attendue au bac : plus deux gènes d'une même famille se ressemblent, plus leur duplication est récente. Exemple canonique, la famille des globines (chaînes α, chaînes β, myoglobine).
Les migrations anormales de chromatides
Un gamète repart avec un chromosome en trop (n+1) ou en moins (n−1). Fécondé par un gamète normal, il donne un zygote 2n+1 (trisomie) ou 2n−1 (monosomie).
Le détail qui rapporte des points, parce qu'il se lit directement sur un schéma :
- Accident en anaphase I — la paire d'homologues ne se sépare pas : les 4 gamètes sont anormaux, 2 en n+1 et 2 en n−1.
- Accident en anaphase II — les deux chromatides sœurs partent du même côté : 2 gamètes restent normaux, 1 est en n+1, 1 en n−1.
Un sujet qui fournit un caryotype et demande « à quelle division l'accident a-t-il eu lieu ? » attend exactement cette distinction.
Pourquoi le programme y tient
Ces accidents sont rares et souvent létaux pour l'individu, mais à l'échelle des espèces ils sont un moteur de diversification des génomes — et donc de l'évolution. C'est le pont entre ce chapitre et tout le reste du thème.
Les erreurs qui coûtent le plus
- Intervertir les deux brassages : le crossing-over est en prophase I, la répartition indépendante en anaphase I.
- Confondre chromosomes homologues et chromatides sœurs.
- Conclure « gènes liés » devant quatre proportions égales : c'est exactement l'inverse.
- Oublier que les phénotypes minoritaires sont les recombinés.
- Réviser les brassages et sauter les anomalies : elles sont dans le même chapitre, et une seule d'entre elles suffit à faire un exercice entier.
- Répondre « trisomie = accident de méiose I » sans lire le schéma : l'anaphase II en produit aussi, mais avec 2 gamètes normaux sur 4.
Vérifié le 13/10/2026 : ce chapitre figure au programme officiel de l'enseignement de spécialité de sciences de la vie et de la Terre de terminale (arrêté du 19-7-2019, NOR MENE1921252A, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019), thème « Génétique et évolution » — son annexe porte « Le brassage des génomes à chaque génération » et « Les accidents génétiques de la méiose ». L’épreuve, elle, est régie à compter de la session 2027 par la note de service du 11-9-2026 (NOR MENE2622653N, BO spécial n° 4 du 17 septembre 2026), qui porte sur « le programme de l’enseignement de spécialité de la classe de terminale en vigueur ».
Teste-toi — 5 questions corrigées
Réponds sans regarder la fiche : la correction et l'explication s'affichent après chaque réponse.
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Dans un croisement-test, les phénotypes minoritaires correspondent :
Réponse : aux recombinés. Les recombinés proviennent d'un crossing-over, plus rare que l'absence de crossing-over — d'où leur faible proportion. -
La méiose I sépare :
Réponse : les chromosomes homologues. Elle est dite réductionnelle : on passe de 2n à n. La méiose II, équationnelle, sépare ensuite les chromatides sœurs. -
Un croisement-test donnant 4 phénotypes équiprobables indique :
Réponse : des gènes indépendants. Quatre proportions égales signent des chromosomes différents. Deux phénotypes majoritaires et deux minoritaires signeraient au contraire des gènes liés. -
Le brassage intrachromosomique a lieu :
Réponse : en prophase I par crossing-over. Prophase I pour le crossing-over, anaphase I pour la répartition indépendante des homologues. Intervertir les deux est l'erreur numéro un du chapitre. -
Une non-disjonction survenue en anaphase II de méiose produit :
Réponse : 2 gamètes normaux, 1 n+1 et 1 n−1. En méiose II, seule une des deux cellules filles est touchée : 2 gamètes restent normaux. Si l'accident avait eu lieu en anaphase I, les 4 gamètes seraient anormaux — c'est ce qui permet de dater l'accident sur un schéma.
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