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Fiches › Analyser les relations entre États et religions

Analyser les relations entre États et religions

Religion, sécularisation, laïcité, athéisme d'État, religion d'État, théocratie, césaropapisme, concordat. La querelle des Investitures 1075-1122, les guerres de Religion, la loi de 1905 et ce qu'elle ne fait pas. Quatre modèles comparés — France, Royaume-Uni, États-Unis, Iran depuis 1979 — et l'Inde en objet de travail conclusif. Deux sujets types entièrement traités.

HGGSP · prérequis de première · fiche gratuite · 15 min de lecture

La sécularisation se constate, la laïcité se décrète : toute la fiche tient dans cette distinction. Les trois autres chapitres de HGGSP en accès libre — fiche + QCM corrigé, sans compte, sans email : Méthode : dissertation et étude critique, Comprendre un régime politique : la démocratie et Étudier les divisions politiques du monde : les frontières. Ou reçois l'accès à tes chapitres gratuits par email.

Les notions à maîtriser

Religion : système de croyances et de pratiques relatives au sacré, partagé par une communauté organisée. En HGGSP on ne l'étudie pas pour elle-même : on étudie ce qu'elle fait au pouvoir politique, et réciproquement.

Sécularisation : recul de l'emprise de la religion sur la société, ses institutions et les conduites individuelles. C'est un processus social, mesurable (pratique, croyance déclarée, poids des clercs), et il n'est ni universel ni irréversible.

Laïcité : principe juridique et politique par lequel l'État se déclare neutre en matière religieuse, garantit la liberté de conscience et ne reconnaît aucun culte. C'est une décision de droit, pas un état de la société. Retenez la distinction, elle commande tout le chapitre : la sécularisation se constate, la laïcité se décrète.

Athéisme d'État : l'État ne se contente pas d'être neutre, il combat les religions (URSS, Albanie d'Enver Hoxha, Chine maoïste). Confondre laïcité et athéisme d'État est l'erreur n°1 du chapitre : la loi de 1905 garantit le libre exercice des cultes, elle ne le supprime pas.

Religion d'État : religion officiellement reconnue et liée aux institutions (Église d'Angleterre, luthéranisme danois, orthodoxie « dominante » en Grèce). Attention : une religion d'État n'empêche pas la liberté religieuse, et un pays peut être à la fois confessionnel dans son droit et très sécularisé dans ses pratiques.

Théocratie : régime où l'autorité politique est détenue ou légitimée par une autorité religieuse au nom de Dieu (Iran depuis 1979, États pontificaux avant 1870).

Césaropapisme : concentration du pouvoir religieux entre les mains du souverain temporel (Empire byzantin, tsars de Russie).

Cléricalisme / anticléricalisme : influence politique du clergé, et le combat contre cette influence — clé de lecture du XIXe siècle français.

Concordat : accord entre un État et le Saint-Siège organisant leurs rapports (France, 1801-1905 ; encore en vigueur en Alsace-Moselle).

Séparation : régime dans lequel l'État ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte (France, 1905).

Liberté de conscience (croire ou ne pas croire) et liberté de culte (pratiquer publiquement) : deux libertés distinctes, toutes deux garanties par l'article 1er de la loi de 1905. Un correcteur repère immédiatement qui les confond.

Fondamentalisme / intégrisme : retour revendiqué à un texte ou à une tradition tenus pour intangibles, et volonté d'en faire la norme sociale et parfois politique.

Pourquoi ce chapitre de première est indispensable en terminale

Ce thème appartient au programme de première, et c'est précisément pour cela qu'il est piégeux : il n'est plus révisé, alors qu'il alimente quatre chapitres de terminale.

Il sert aussi hors HGGSP : en SES (socialisation, engagement), en philosophie (la religion, l'État, la raison) et au Grand oral, où « laïcité » est l'un des mots les plus fréquemment employés — et les plus mal définis.

1. Sécularisation, laïcité, athéisme d'État : la distinction qui rapporte des points

Trois mots, trois réalités différentes. Les copies moyennes les emploient l'un pour l'autre ; les bonnes copies ouvrent en les séparant.

Ce que c'estQui l'opèreExemple
SécularisationUn processus social de recul du religieuxLa société, sur le temps longEffondrement de la pratique dominicale en Europe de l'Ouest
LaïcitéUn principe de droit de neutralité de l'ÉtatL'État, par la loiFrance, 1905 puis 1958
Athéisme d'ÉtatUne politique hostile aux religionsL'État, par la contrainteURSS, Albanie 1967

Deux conséquences à savoir manier :

Un pays peut être laïque sans être sécularisé. La Turquie kémaliste a inscrit la laïcité dans sa Constitution en 1937 dans une société très majoritairement pratiquante ; la laïcité y a été un instrument de modernisation imposé par le haut, non le résultat d'une sécularisation.

Un pays peut être sécularisé sans être laïque. Le Royaume-Uni et le Danemark conservent une Église d'État tout en comptant parmi les sociétés les moins pratiquantes du monde. L'inverse existe aussi : les États-Unis appliquent une séparation constitutionnelle stricte dans un pays où la religiosité déclarée reste très élevée.

C'est cette absence de corrélation qui constitue le cœur du thème : les relations entre États et religions ne suivent aucune trajectoire unique.

2. Axe 1 — Pouvoir et religion : des liens historiques

Le pouvoir légitimé par le sacré

Dans la plupart des sociétés anciennes, le pouvoir politique tire sa légitimité du divin. Trois configurations à distinguer :

La querelle des Investitures (1075-1122) : le conflit fondateur

Qui nomme les évêques, le pape ou l'empereur ? Derrière une question technique se joue la hiérarchie des pouvoirs. Le pape Grégoire VII excommunie l'empereur Henri IV, qui vient s'humilier à Canossa (1077) — la scène a fait proverbe. Le conflit s'achève par le concordat de Worms (1122) : compromis, l'Église nomme, l'empereur investit des biens temporels.

Ce que l'épisode démontre et qu'il faut savoir formuler : en Occident, aucun des deux pouvoirs n'a réussi à absorber l'autre. C'est de cette impasse que naîtra, très lentement, l'idée d'une séparation.

Réformes et guerres de Religion : la religion divise l'Europe

1517 : Luther diffuse ses thèses. La chrétienté occidentale se fracture.

1555, paix d'Augsbourg : cujus regio, ejus religio — « tel prince, telle religion ». Chaque prince du Saint-Empire fixe la confession de ses sujets. La paix religieuse s'obtient donc par l'alignement, pas par la tolérance : qui refuse la religion du prince doit émigrer.

1598, édit de Nantes : Henri IV accorde aux protestants français la liberté de conscience, un culte encadré et des places de sûreté. Ce n'est pas la tolérance moderne, c'est une paix civile négociée.

1685, édit de Fontainebleau : Louis XIV révoque l'édit de Nantes. Des centaines de milliers de huguenots fuient le royaume. La révocation montre la fragilité d'une tolérance qui n'est qu'une concession royale, révocable par le même pouvoir qui l'a accordée.

1648, traités de Westphalie : ils mettent fin à la guerre de Trente Ans et posent le principe de souveraineté territoriale des États. La religion cesse d'être le fondement des relations internationales : c'est l'État, non plus la foi, qui devient l'unité de base du système européen. Retenez ce basculement, il est demandé aussi en terminale.

3. Le cas français : de la « fille aînée de l'Église » à la loi de 1905

C'est la partie la plus rentable du chapitre, parce qu'elle se raconte comme une chronologie et se cite précisément.

Avant 1789 : le catholicisme est religion d'État, le roi est sacré à Reims, le clergé est le premier ordre du royaume. Le gallicanisme limite déjà l'autorité du pape sur l'Église de France — l'État grignote avant de rompre.

1789 : la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, article 10, pose que « nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses ». C'est une liberté de conscience, pas encore une séparation.

1790 : la Constitution civile du clergé fait des prêtres des fonctionnaires élus. Elle divise le clergé entre jureurs et réfractaires et ouvre un conflit durable.

1801-1802 : le Concordat signé entre Bonaparte et Pie VII, complété par les articles organiques, reconnaît quatre cultes (catholique, luthérien, réformé, puis israélite en 1808) et salarie leurs ministres. L'État ne se sépare pas : il encadre, et il paie.

1881-1886 : les lois Ferry rendent l'école primaire gratuite (1881), obligatoire et laïque dans ses programmes (1882) ; la loi Goblet (1886) laïcise le personnel enseignant. La bataille scolaire est le vrai front de la laïcité française.

1901-1904 : la loi sur les associations soumet les congrégations à autorisation ; l'affaire Dreyfus radicalise l'anticléricalisme ; la France rompt ses relations diplomatiques avec le Saint-Siège en 1904.

9 décembre 1905, loi de séparation des Églises et de l'État. Deux articles à connaître par cœur :

Article 1er — « La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public. »

Article 2 — « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. »

L'ordre des articles est un argument à lui seul : la loi garantit avant d'interdire. Elle commence par une liberté, pas par une restriction.

Ce que la loi de 1905 ne fait pas — le paragraphe qui distingue une copie

Depuis : la laïcité entre dans l'article 1er de la Constitution de 1958 (« République indivisible, laïque, démocratique et sociale ») ; la loi du 15 mars 2004 interdit les signes religieux ostensibles dans les écoles publiques ; la loi du 11 octobre 2010 interdit la dissimulation du visage dans l'espace public ; la loi du 24 août 2021 dite « confortant le respect des principes de la République » renforce le contrôle des associations et de l'instruction en famille. Le débat français porte moins sur le principe que sur son extension : à l'école seulement, ou aussi à l'espace public ?

4. Axe 2 — Une inégale sécularisation : quatre modèles à comparer

Le programme demande une comparaison, pas un catalogue. Structurez avec ces quatre cas et vous couvrez tout l'axe.

a) La séparation stricte : France, Mexique, Turquie

Même principe juridique, trois histoires opposées. Au Mexique, les lois de Réforme de Benito Juárez (1859-1863) puis la Constitution de 1917 imposent une séparation très dure, née d'un affrontement frontal avec l'Église catholique. En Turquie, la laïcité kémaliste (abolition du califat en 1924, principe inscrit dans la Constitution en 1937) est un instrument de construction nationale — et son recul depuis les années 2000 montre qu'une laïcité décrétée d'en haut n'est jamais acquise.

b) La religion d'État libérale : Royaume-Uni, Danemark, Grèce

Au Royaume-Uni, l'Église d'Angleterre est une Église établie : le monarque en est le gouverneur suprême, et vingt-six évêques (les Lords Spiritual) siègent de droit à la Chambre des lords. Et pourtant la liberté religieuse y est complète et la pratique parmi les plus faibles d'Europe. Le lien institutionnel n'implique donc pas la contrainte religieuse : c'est le contre-exemple qui empêche de faire de la séparation la seule voie possible vers la liberté de conscience.

c) La séparation constitutionnelle dans une société très religieuse : les États-Unis

Le premier amendement (1791) interdit au Congrès d'établir une religion et garantit son libre exercice ; Jefferson en tire en 1802 l'image du « mur de séparation ». Mais la devise « In God We Trust » est officielle depuis 1956, la formule « under God » a été ajoutée au serment d'allégeance en 1954, et le religieux structure la vie politique. Séparation institutionnelle maximale, sécularisation sociale faible : l'exact inverse du couple britannique. Comparer les deux dans une même copie est presque toujours payant.

d) La théocratie : l'Iran depuis 1979

La révolution de 1979 fonde une République islamique articulée autour du velayat-e faqih, la tutelle du juriste-théologien : le Guide suprême, autorité religieuse, prime sur les institutions élues. C'est le seul des quatre modèles où la religion détient le pouvoir politique au lieu de le côtoyer ou de le légitimer.

La sécularisation n'est pas la disparition du religieux

Max Weber décrivait un « désenchantement du monde ». Le constat vaut pour la pratique institutionnelle en Europe de l'Ouest, mais pas partout : le pentecôtisme et l'évangélisme progressent fortement en Amérique latine — au Brésil, les évangéliques approchent aujourd'hui du tiers de la population et pèsent lourdement sur la vie parlementaire — et en Afrique subsaharienne. Ailleurs, le religieux revient dans l'espace public sous forme identitaire plus que dévotionnelle. La formule à retenir : le religieux ne disparaît pas, il change de fonction.

5. Objet de travail conclusif — État et religions en Inde

L'Inde est le cas que les correcteurs attendent, et celui que les copies traitent le plus mal.

Le secularism indien n'est pas la laïcité française. Là où la France sépare et se retire, l'État indien pratique une équidistance : il reconnaît les communautés religieuses, applique des droits personnels distincts (mariage, héritage) selon la confession, et peut intervenir dans les affaires religieuses — par exemple en administrant des temples ou en légiférant contre l'intouchabilité. Le mot secular n'a d'ailleurs été ajouté au préambule de la Constitution qu'en 1976 (42e amendement), alors que la Constitution date de 1950.

Une construction née d'une déchirure. La partition de 1947 entre l'Inde et le Pakistan a provoqué des déplacements massifs et des violences considérables. Le choix de Nehru d'un État non confessionnel dans un pays à majorité hindoue est une réponse directe à ce traumatisme.

Une équidistance aujourd'hui contestée. Le nationalisme hindou (hindutva, notion formulée par Savarkar en 1923) porte une définition culturelle et religieuse de la nation indienne. Deux jalons : la destruction de la mosquée d'Ayodhya en 1992, suivie d'un arrêt de la Cour suprême en 2019 attribuant le site à la construction d'un temple hindou, inauguré en 2024 ; et le Citizenship Amendment Act de 2019, qui introduit un critère religieux dans l'accès accéléré à la citoyenneté et a déclenché des manifestations de grande ampleur.

La conclusion à formuler : l'Inde montre qu'un État peut être officiellement non confessionnel et néanmoins traversé par la question religieuse — parce que la religion y est aussi, et peut-être d'abord, un marqueur identitaire et électoral.

6. Deux sujets types, entièrement traités

Sujet A — « La laïcité française est-elle un modèle exportable ? »

Analyse du sujet. « Exportable » interroge la transposition : ce principe peut-il fonctionner ailleurs, ou est-il indissociable de l'histoire qui l'a produit ? Le mot « modèle » est à discuter : modèle à imiter, ou simplement un modèle parmi d'autres ?

Problématique. La laïcité française relève-t-elle d'un principe universel de neutralité, ou d'une solution singulière à un conflit franco-français entre l'État et l'Église catholique ?

I. Elle repose sur des principes qui, eux, sont universalisables. Liberté de conscience, égalité des citoyens indépendamment de leur croyance, neutralité de l'État : ce sont des principes libéraux revendiqués bien au-delà de la France. La séparation a d'ailleurs été adoptée dans des contextes très différents — Mexique 1917, Turquie 1937 — et elle protège les minorités religieuses aussi bien que les non-croyants.

II. Mais sa forme est le produit d'un conflit historique précis. La laïcité française est née de l'affrontement avec une Église dominante et institutionnellement puissante. Là où le paysage religieux est pluriel dès l'origine (États-Unis, Inde), la question ne se pose pas dans les mêmes termes : c'est le pluralisme, non la séparation, qui a produit la liberté. Et la France elle-même n'applique pas son principe uniformément — Alsace-Moselle, Guyane.

III. Elle est donc moins un modèle à copier qu'un cas à comparer. Le Royaume-Uni obtient une large liberté religieuse avec une Église d'État ; les États-Unis, une séparation stricte avec une forte religiosité. La question utile n'est pas « faut-il séparer ? » mais « quelle combinaison garantit ici la liberté de conscience ? ».

Conclusion. Les fins de la laïcité (liberté, égalité, neutralité) sont universalisables ; ses moyens sont datés et situés. Confondre les deux, c'est prendre une histoire nationale pour une norme mondiale.

Sujet B — « Peut-on dire que le monde se sécularise ? »

Analyse du sujet. « Le monde » impose une échelle globale et donc une réponse différenciée. « Se sécularise » suppose un processus : il faut donc examiner des indicateurs et une chronologie, pas des opinions.

Problématique. La sécularisation observée en Europe de l'Ouest est-elle la loi générale de la modernité, ou une exception régionale ?

I. Oui, dans une partie du monde, et cela se mesure. Effondrement de la pratique religieuse et du poids institutionnel des Églises en Europe de l'Ouest ; recul du clergé dans l'école, la santé, l'état civil ; extension du droit civil à des domaines autrefois régis par la morale religieuse. La théorie classique de la sécularisation — plus de modernité, moins de religion — décrit correctement ce cas.

II. Non, si l'on regarde ailleurs. Croissance de l'évangélisme en Amérique latine et en Afrique, forte religiosité maintenue aux États-Unis, réaffirmation religieuse dans le monde musulman depuis les années 1970, résurgence orthodoxe en Russie. L'Europe apparaît alors comme l'exception, non comme l'avant-garde.

III. Et le religieux change de forme plus qu'il ne disparaît. Il devient identitaire, mobilisable politiquement (hindutva en Inde, référence chrétienne dans certains discours nationalistes européens), tout en se détachant de la pratique. Un pays peut se déchristianiser dans ses églises et se rechristianiser dans ses discours.

Conclusion. La sécularisation est un processus réel mais régional et réversible, et non une loi de l'histoire. Le monde ne se sécularise pas : il se différencie.

7. Les erreurs qui coûtent le plus

  1. Confondre laïcité et athéisme d'État. La loi de 1905 garantit le libre exercice des cultes dès son article 1er. Une copie qui écrit que la France « interdit » ou « combat » les religions est disqualifiée en une phrase.
  2. Faire de la loi de 1905 une loi contre les religions. C'est une loi de paix civile, votée après trente ans d'affrontements, et son architecte parlementaire, Briand, a passé les années suivantes à l'appliquer avec ménagement.
  3. Croire que la loi de 1905 s'applique sur tout le territoire. L'Alsace-Moselle reste concordataire. Le mentionner en une ligne rapporte plus qu'un paragraphe de généralités.
  4. Prendre la sécularisation pour une loi universelle. C'est un constat régional. L'écrire comme une évidence mondiale est l'erreur d'échelle la plus fréquente.
  5. Traiter l'Inde comme une France tropicale. Secularism = équidistance et reconnaissance des communautés, pas séparation et retrait.
  6. Rester en France. Le thème demande une comparaison internationale : sans un cas non français développé, la copie plafonne.
  7. Dater approximativement. 1598, 1685, 1801, 1905, 1958, 2004 : six dates suffisent, mais elles doivent être justes.

8. Pour réviser la veille, en cinq lignes

Teste-toi — 12 questions corrigées

Réponds sans regarder la fiche : la correction et l'explication s'affichent après chaque réponse.

  1. En France, la loi de 1905 établit…

    Réponse : la séparation des Églises et de l'État. C'est la question du diagnostic. La loi du 9 décembre 1905 sépare : son article 2 pose que « la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte ». Elle ne signe aucun concordat — elle abroge au contraire celui de 1801, qui liait l'État au pape et salariait les ministres du culte ; elle n'interdit pas le port de signes religieux, interdiction qui relève de la loi de 2004 sur l'école publique ; et elle met fin au financement des cultes par l'État, son article 1er garantissant par ailleurs le libre exercice des cultes.
  2. La querelle des Investitures (1075-1122) oppose…

    Réponse : la papauté et l'empereur germanique sur la nomination des évêques. Grégoire VII excommunie Henri IV, qui s'humilie à Canossa en 1077 ; le concordat de Worms (1122) tranche par un compromis. Derrière la nomination des évêques se joue la hiérarchie du spirituel et du temporel — et l'échec de chacun à absorber l'autre est la matrice lointaine de la séparation occidentale. Les trois autres conflits sont réels, mais aucun n'est celui-là : le gallicanisme oppose bien les rois de France à la papauté, mais sur les libertés de l'Église de France et sous l'Ancien Régime ; la rupture de Luther avec Rome (1517) fracture la chrétienté au lieu d'arbitrer entre deux pouvoirs ; et le serment imposé par la Constitution civile du clergé (1790), qui partage les prêtres entre jureurs et réfractaires, est postérieur de sept siècles.
  3. La formule « Cujus regio, ejus religio », posée par la paix d'Augsbourg (1555), signifie que…

    Réponse : les sujets suivent la religion de leur prince. « Tel prince, telle religion » : chaque prince du Saint-Empire fixe la confession de ses sujets, qui doivent s'y conformer ou émigrer. C'est une paix obtenue par l'alignement, pas par la tolérance — la nuance est attendue.
  4. L'édit de Nantes (1598)…

    Réponse : accorde aux protestants la liberté de conscience et un culte encadré. Henri IV accorde aux protestants la liberté de conscience, un culte encadré et des places de sûreté : une paix civile négociée, non la tolérance moderne. C'est l'édit de Fontainebleau (1685) qui le révoque, et la révocation montre la fragilité d'une tolérance concédée par le roi. Les traités de Westphalie (1648), eux, mettent fin à la guerre de Trente Ans et posent la souveraineté territoriale des États : un autre texte, cinquante ans plus tard, qui organise l'ordre européen et non la paix civile française. Et la rupture des relations diplomatiques avec le Saint-Siège date de 1904 : elle prépare la séparation de 1905 et ne concerne en rien les protestants.
  5. Le Concordat de 1801, signé entre Bonaparte et Pie VII…

    Réponse : organise les rapports entre l'État et les cultes reconnus, dont les ministres sont salariés. Le Concordat et ses articles organiques reconnaissent et salarient les ministres de plusieurs cultes. L'État ne se sépare pas : il encadre et il paie. La séparation ne viendra qu'en 1905 — un siècle plus tard.
  6. Quel article de la loi de 1905 pose que « la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte » ?

    Réponse : L'article 2. L'article 2. L'article 1er, lui, garantit la liberté de conscience et le libre exercice des cultes. L'ordre compte et fait un argument de copie : la loi garantit avant d'interdire.
  7. Sur quel territoire la loi de 1905 ne s'applique-t-elle pas, le régime concordataire y étant toujours en vigueur ?

    Réponse : L'Alsace-Moselle. Allemande en 1905, l'Alsace-Moselle n'a pas été soumise à la loi lors de son retour à la France en 1918 : les ministres des cultes reconnus y sont toujours rémunérés sur fonds publics. La Guyane relève d'un autre régime dérogatoire, hérité d'une ordonnance de 1828.
  8. La sécularisation désigne…

    Réponse : le recul de l'emprise de la religion sur la société et ses institutions. C'est un processus social, qui se constate et se mesure (pratique, poids des clercs, sécularisation du droit). À distinguer de la laïcité, qui est un principe juridique décrété par l'État, et de l'athéisme d'État, qui est une politique hostile aux religions. Le contrôle des évêques par le pouvoir civil est le césaropapisme, et la conversion forcée est une contrainte exercée sur les croyances : ni l'un ni l'autre ne décrit un recul du religieux dans la société.
  9. Au Royaume-Uni, l'Église d'Angleterre…

    Réponse : est une Église d'État dont le monarque est le gouverneur suprême. Église établie : le monarque en est le gouverneur suprême et vingt-six évêques siègent de droit à la Chambre des lords. Et pourtant la liberté religieuse y est complète et la pratique très faible — le contre-exemple qui interdit de faire de la séparation la seule voie vers la liberté de conscience. Elle n'a jamais été séparée de l'État (1905 est la loi française), elle a rompu avec Rome sous Henri VIII (Acte de suprématie, 1534) et ne dépend donc pas du Vatican, et elle occupe une place officielle dans la vie publique, du couronnement au Parlement.
  10. Le « secularism » inscrit dans la Constitution indienne se distingue de la laïcité française parce qu'il repose sur…

    Réponse : une équidistance de l'État envers toutes les religions, plutôt qu'une séparation stricte. L'État indien ne se retire pas : il reconnaît les communautés, applique des droits personnels distincts selon la confession et peut intervenir dans les affaires religieuses. Le mot « secular » n'a d'ailleurs été ajouté au préambule qu'en 1976, par le 42e amendement, alors que la Constitution date de 1950.
  11. Comparés au Royaume-Uni, les États-Unis présentent la configuration exactement inverse, parce qu'ils associent :

    Réponse : une séparation institutionnelle stricte et une sécularisation sociale faible. Séparation institutionnelle maximale, sécularisation sociale faible : le premier amendement (1791) interdit au Congrès d'établir une religion, et Jefferson en tire en 1802 l'image du « mur de séparation » — mais « In God We Trust » est devenue devise officielle en 1956, « under God » a été ajouté au serment d'allégeance en 1954, et le religieux structure la vie politique. L'Église établie par la loi avec une pratique parmi les plus faibles d'Europe, c'est le Royaume-Uni : le couple exactement inverse. Parler d'une disparition presque totale du religieux se trompe sur le second terme, puisque la pratique américaine reste l'une des plus fortes du monde occidental. Quant à la religion officielle depuis 1956, elle confond une devise avec un établissement religieux, que le premier amendement interdit précisément.
  12. Parmi les quatre modèles de l'axe 2, l'Iran depuis 1979 est le seul où :

    Réponse : l'autorité religieuse détient elle-même le pouvoir politique. La révolution de 1979 fonde une République islamique articulée autour du velayat-e faqih, la tutelle du juriste-théologien : le Guide suprême, autorité religieuse, prime sur les institutions élues. C'est le seul des quatre modèles où la religion détient le pouvoir politique au lieu de le côtoyer ou de le légitimer. Une religion majoritaire mais non reconnue par l'État ne décrit aucun des quatre cas et ne dit rien de qui gouverne. Un État qui salarie les cultes tout en se proclamant neutre décrit le régime concordataire — celui de l'Alsace-Moselle —, pas une théocratie. Et l'Église nationale ayant le chef de l'État pour gouverneur suprême, c'est le Royaume-Uni, où ce lien institutionnel n'entraîne aucune contrainte religieuse.

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