Déterminer la composition d'un système
Doser par étalonnage ou par titrage, et savoir laquelle des deux méthodes l'énoncé demande.
Physique-chimie · fiche gratuite · 13 min de lecture
Ce qu'il faut savoir faire
Choisir entre dosage par étalonnage et titrage, puis mener le calcul jusqu'à la concentration.
Le piège de ce chapitre : le confondre avec celui de première. Le titrage colorimétrique, l'équivalence et la loi de Beer-Lambert viennent de première. Ce que la terminale ajoute — et donc ce qui est évalué ici — c'est le pH, la loi de Kohlrausch, et les titrages suivis par pH-métrie et par conductimétrie, avec une réaction acide-base comme réaction support (en première, c'était l'oxydo-réduction).
Les cinq capacités exigibles du chapitre
Elles sont écrites noir sur blanc dans le programme officiel — révise-les dans cet ordre :
- pH = − log ([H₃O⁺] / c°) avec c° = 1 mol·L⁻¹, et la relation réciproque : passer du pH à la concentration en ion oxonium et inversement.
- Exploiter la loi de Beer-Lambert, la loi de Kohlrausch ou l'équation d'état du gaz parfait, et citer leur domaine de validité — la question « pourquoi cette loi ne s'applique-t-elle plus ici ? » est explicitement attendue.
- Établir la composition du système après ajout d'un volume de solution titrante, la transformation étant considérée comme totale.
- Dans un titrage suivi par conductimétrie, justifier qualitativement l'évolution de la pente de la courbe à partir des conductivités ioniques molaires — c'est la question qui distingue une bonne copie.
- Capacité numérique : représenter, avec un langage de programmation, l'évolution des quantités de matière des espèces en fonction du volume de solution titrante versé. Le code Python peut tomber à l'écrit.
Les deux méthodes, et quand les distinguer
Dosage par étalonnage — on mesure une grandeur physique proportionnelle à la concentration, sans transformer l'échantillon.
- Spectrophotométrie : loi de Beer-Lambert, A = ε ℓ C. L'absorbance est proportionnelle à la concentration, à condition de rester dans le domaine de linéarité.
- Conductimétrie : loi de Kohlrausch, σ = Σ λᵢ × [Xᵢ] — retiens le nom, il est exigible. La conductivité dépend de tous les ions présents, y compris les ions spectateurs.
On trace une droite d'étalonnage avec des solutions de concentration connue, puis on y lit l'inconnue.
Titrage — on fait réagir l'espèce à doser avec un réactif titrant. On retient en cours qu'une réaction support doit être totale, rapide et unique ; ce que le programme demande formellement, lui, c'est de considérer la transformation comme totale pour établir la composition du système à chaque ajout.
L'équivalence
À l'équivalence, les réactifs sont introduits dans les proportions stœchiométriques. Pour a A + b B → produits :
n(A)/a = n(B)/b, soit C_A V_A / a = C_B V_Béq / b
Trois façons de la repérer, selon le suivi :
- pH-métrique : le saut de pH — c'est le suivi mis en œuvre en terminale sur une réaction acide-base.
- Conductimétrique : la rupture de pente.
- Colorimétrique : le changement de couleur d'un indicateur coloré. Le choix de cet indicateur se justifie à partir du diagramme de prédominance du couple — capacité exigible elle aussi.
La méthode qui fait gagner du temps
- Écrire l'équation de la réaction support.
- Écrire la relation à l'équivalence.
- Isoler l'inconnue avant de remplacer par les valeurs numériques.
- Vérifier l'unité et l'ordre de grandeur.
Les erreurs qui coûtent le plus
- Confondre étalonnage et titrage : le premier ne consomme pas l'espèce dosée, le second oui.
- Oublier les coefficients stœchiométriques dans la relation à l'équivalence — l'erreur la plus fréquente, et elle fausse tout le résultat.
- Utiliser Beer-Lambert hors du domaine de linéarité, ou Kohlrausch sans citer son domaine de validité.
- Confondre grandeurs à l'équivalence et grandeurs à l'équilibre : le programme signale lui-même cette confusion de notation.
- Confondre équivalence et demi-équivalence.
Vérifié le 03/09/2026 contre le programme officiel de l'enseignement de spécialité de physique-chimie de terminale (arrêté du 19-7-2019, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019), toujours en vigueur pour la session 2027.
Teste-toi — 6 questions corrigées
Réponds sans regarder la fiche : la correction et l'explication s'affichent après chaque réponse.
-
Une réaction support de titrage doit être :
Réponse : totale, rapide et unique. C'est la formulation de cours : sans ces trois conditions, l'équivalence n'est pas exploitable. Le programme, lui, demande de considérer la transformation comme totale pour établir la composition du système après chaque ajout. -
La loi de Beer-Lambert relie l'absorbance :
Réponse : à la concentration. A = ε ℓ C, valable seulement dans le domaine de linéarité. C'est un dosage par étalonnage : il ne consomme pas l'espèce dosée, contrairement au titrage. -
Dans un titrage, à l'équivalence :
Réponse : les réactifs sont introduits dans les proportions stœchiométriques. Et la relation s'écrit C_A V_A / a = C_B V_Béq / b. Oublier les coefficients stœchiométriques a et b est l'erreur la plus fréquente, et elle fausse tout le résultat. -
Une solution de concentration 5,0×10⁻² mol·L⁻¹ est diluée 10 fois. Sa concentration devient :
Réponse : 5,0×10⁻³ mol·L⁻¹. Diluer, c'est ajouter du solvant : la quantité de matière de soluté est conservée, donc C₁V₁ = C₂V₂ et la concentration est DIVISÉE par le facteur de dilution. L'erreur classique est de multiplier ; un contrôle de bon sens suffit à l'éviter. -
On titre une solution d'acide chlorhydrique (H₃O⁺ + Cl⁻) par de la soude (Na⁺ + HO⁻), avec suivi conductimétrique. Avant l'équivalence, la conductivité diminue. Pourquoi ?
Réponse : les ions H₃O⁺ sont remplacés par des ions Na⁺. La réaction support est H₃O⁺ + HO⁻ → 2 H₂O : chaque oxonium consommé est remplacé par le sodium apporté par la burette, donc le nombre d'ions ne change quasiment pas — mais λ(H₃O⁺) ≈ 35,0 mS·m²·mol⁻¹ contre λ(Na⁺) ≈ 5,01, et σ chute. Les ions Cl⁻ (λ ≈ 7,63) sont spectateurs : leur quantité ne bouge pas. Après l'équivalence, on ajoute Na⁺ et HO⁻ (λ ≈ 19,9) sans plus rien consommer : σ remonte — c'est cette rupture de pente qui repère l'équivalence. La dilution existe, mais on opère dans un grand volume d'eau pour la rendre négligeable : ce n'est pas elle qui explique la pente. Valeurs à 25 °C. Capacité exigible, mot pour mot : « justifier qualitativement l'évolution de la pente de la courbe à l'aide de données sur les conductivités ioniques molaires ». -
Le suivi pH-métrique d'un titrage affiche pH = 2,4. La concentration en ions oxonium vaut :
Réponse : 4,0×10⁻³ mol·L⁻¹. La relation du programme est pH = − log([H₃O⁺]/c°) avec c° = 1 mol·L⁻¹ ; on l'inverse en [H₃O⁺] = c° × 10⁻ᵖᴴ = 10⁻²˙⁴ = 4,0×10⁻³ mol·L⁻¹. L'erreur la plus fréquente est de recopier le 2,4 dans la mantisse : 2,4×10⁻³ mol·L⁻¹ correspondrait à pH = 2,6, pas 2,4. Contrôle de bon sens : un pH entre 2 et 3 donne forcément une concentration entre 10⁻³ et 10⁻² mol·L⁻¹.
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