Oxydo-réduction : piles et électrolyse
Oxydant, réducteur et couple Ox/Red, écrire une demi-équation puis l'équation de réaction, la pile et le rôle du pont salin, anode et cathode, capacité électrique Q = I·Δt = n(e⁻)·F, électrolyse comme transformation forcée, accumulateurs et pile à combustible.
Physique-chimie · fiche gratuite · 13 min de lecture
Anode et cathode ne désignent pas un pôle, mais une réaction : c'est la seule règle qui reste vraie dans une pile comme dans un électrolyseur. Les quatre autres chapitres de physique-chimie en accès libre — fiche + QCM corrigé, sans compte, sans email : Déterminer la composition d'un système · Prévoir l'état final : équilibre et pH · Deuxième loi de Newton et champs uniformes · Ondes mécaniques, diffraction et interférences. Ou reçois l'accès à tes chapitres gratuits par email.
Ce qu'il faut savoir faire
L'oxydo-réduction de terminale n'est plus celle de première. En première, on équilibrait des demi-équations ; ici, on fait circuler les électrons dans un fil et on compte la charge qui est passée. Tout le chapitre tient sur une seule grandeur de liaison : la constante de Faraday, qui convertit une quantité d'électrons en coulombs.
Les cinq capacités exigibles :
- Identifier oxydant, réducteur, couple, et écrire une équation à partir de deux demi-équations.
- Décrire le fonctionnement d'une pile : demi-piles, pont salin, électrodes, sens de circulation des porteurs.
- Relier la capacité électrique d'une pile à l'avancement maximal de la réaction et à la quantité de matière de réactif limitant.
- Décrire une électrolyse comme une transformation forcée, et identifier les réactions aux électrodes.
- Citer des dispositifs de stockage et de conversion d'énergie chimique (accumulateurs, pile à combustible).
Le piège d'entrée, et il est lexical. « Anode » et « cathode » ne désignent pas un pôle, mais une réaction. C'est ce qui permet à l'anode d'être le pôle négatif d'une pile et le pôle positif d'un électrolyseur sans qu'il y ait la moindre contradiction. Retenez la réaction, jamais le signe.
Oxydant, réducteur, couple : le vocabulaire qui décide de tout
- Un oxydant est une espèce capable de capter un ou plusieurs électrons.
- Un réducteur est une espèce capable de céder un ou plusieurs électrons.
- Un couple oxydant/réducteur, noté Ox/Red, rassemble les deux formes d'un même élément : Cu²⁺/Cu, Zn²⁺/Zn, Fe³⁺/Fe²⁺, H⁺/H₂, MnO₄⁻/Mn²⁺.
La demi-équation s'écrit toujours dans le sens de la réduction, avec les électrons à gauche :
Ox + n e⁻ = Red
Exemples à connaître sans réfléchir :
| Couple | Demi-équation |
|---|---|
| Cu²⁺/Cu | Cu²⁺ + 2 e⁻ = Cu |
| Zn²⁺/Zn | Zn²⁺ + 2 e⁻ = Zn |
| Ag⁺/Ag | Ag⁺ + 1 e⁻ = Ag |
| Fe³⁺/Fe²⁺ | Fe³⁺ + 1 e⁻ = Fe²⁺ |
| H⁺/H₂ | 2 H⁺ + 2 e⁻ = H₂ |
Le moyen mnémotechnique qui ne trompe pas : « réducteur → réduit l'autre ». Le réducteur donne ses électrons, donc il subit lui-même l'oxydation. Celui qui s'oxyde est le réducteur ; celui qui se réduit est l'oxydant. La moitié des erreurs de copie vient de cette inversion, et elle coûte tout l'exercice parce qu'elle intervertit les deux électrodes.
Écrire une demi-équation, puis l'équation de réaction
La méthode en milieu acide, dans cet ordre, sans en sauter une :
- Équilibrer l'élément qui change de degré d'oxydation.
- Équilibrer les oxygènes avec des molécules H₂O.
- Équilibrer les hydrogènes avec des ions H⁺.
- Équilibrer les charges avec des électrons e⁻.
Exemple mené jusqu'au bout, le couple MnO₄⁻/Mn²⁺ :
- MnO₄⁻ → Mn²⁺ (le manganèse est déjà équilibré)
- MnO₄⁻ → Mn²⁺ + 4 H₂O (quatre oxygènes à droite)
- MnO₄⁻ + 8 H⁺ → Mn²⁺ + 4 H₂O (huit hydrogènes à gauche)
- Charges : à gauche −1 + 8 = +7, à droite +2. Il manque 5 électrons à gauche.
MnO₄⁻ + 8 H⁺ + 5 e⁻ = Mn²⁺ + 4 H₂O
Pour l'équation de réaction, on combine les deux demi-équations de façon que les électrons disparaissent : on multiplie chacune par le nombre qu'il faut, puis on additionne. Avec Cu²⁺/Cu et Zn²⁺/Zn, les deux échangent 2 électrons, donc aucun coefficient n'est nécessaire :
Zn + Cu²⁺ → Zn²⁺ + Cu
Avec Ag⁺/Ag (1 électron) et Cu²⁺/Cu (2 électrons), il faut doubler la demi-équation de l'argent :
Cu + 2 Ag⁺ → Cu²⁺ + 2 Ag
Un électron ne figure JAMAIS dans l'équation de réaction finale. S'il en reste un, la combinaison est fausse : recomptez avant d'aller plus loin. Un correcteur repère cette erreur en une seconde.
La pile : deux demi-piles, un pont salin, un sens de circulation
Une pile réalise la réaction d'oxydo-réduction spontanée en séparant physiquement les deux demi-réactions. C'est cette séparation qui force les électrons à passer par le circuit extérieur au lieu de sauter directement d'une espèce à l'autre : sans elle, la réaction a bien lieu, mais elle ne produit aucun courant utilisable.
La pile Daniell, exemple canonique :
- Demi-pile 1 : une lame de zinc plongée dans une solution de sulfate de zinc (Zn²⁺).
- Demi-pile 2 : une lame de cuivre plongée dans une solution de sulfate de cuivre (Cu²⁺).
- Un pont salin (ou une paroi poreuse) relie les deux solutions.
- Un fil, un interrupteur et un récepteur relient les deux lames.
Le rôle du pont salin, qui tombe très souvent. Il assure la continuité électrique entre les deux solutions et maintient leur neutralité électrique par migration des ions. Côté zinc, la solution s'enrichit en Zn²⁺, donc en charges positives ; côté cuivre, elle s'appauvrit en Cu²⁺. Sans pont, ces deux déséquilibres s'accumulent en une fraction de seconde et la pile s'arrête. Le pont salin ne transporte pas d'électrons : dans une solution, les porteurs de charge sont les ions, jamais les électrons libres.
Les quatre circulations, à savoir dans l'ordre :
| Où | Qui circule | Dans quel sens |
|---|---|---|
| Fil (circuit extérieur) | électrons | de l'électrode de zinc vers l'électrode de cuivre |
| Fil (circuit extérieur) | courant électrique | de l'électrode de cuivre vers l'électrode de zinc |
| Solutions et pont | anions | vers la demi-pile où se produit l'oxydation |
| Solutions et pont | cations | vers la demi-pile où se produit la réduction |
Le courant et les électrons vont en sens opposés dans le fil : c'est une convention historique, pas une subtilité physique, mais elle est évaluée telle quelle.
Anode et cathode : la seule règle à retenir
L'anode est le siège de l'oxydation. La cathode est le siège de la réduction. Toujours, dans les deux dispositifs, sans exception.
Le reste s'en déduit :
| Pile (spontané) | Électrolyse (forcé) | |
|---|---|---|
| Anode = oxydation | pôle − | reliée au pôle + du générateur |
| Cathode = réduction | pôle + | reliée au pôle − du générateur |
Pourquoi l'anode d'une pile est le pôle négatif. C'est là que les électrons sont produits ; ils s'accumulent dans le métal avant de partir dans le fil, ce qui rend cette électrode négative. Dans un électrolyseur, au contraire, c'est le générateur qui arrache les électrons à l'anode : il faut donc la relier à son pôle positif.
Deux moyens mnémotechniques, à choisir une fois pour toutes :
- « An-Ox » : Anode = Oxydation. Et par élimination, cathode = réduction.
- Alphabétique : A avant C, O avant R — anode/oxydation, cathode/réduction.
Ne mémorisez jamais « anode = plus » ou « anode = moins » : la formule est vraie dans un cas et fausse dans l'autre, et le jour J vous ne saurez plus lequel.
Capacité électrique d'une pile : le calcul complet, fait en entier
Trois relations, et c'est tout le chapitre :
Q = I · Δt (charge en C, intensité en A, durée en s) Q = n(e⁻) · F avec F = 9,65 × 10⁴ C·mol⁻¹ n(e⁻) = n · x_max où n est le nombre d'électrons de la demi-équation
Exercice type 1. Une pile zinc-cuivre débite un courant constant I = 15 mA pendant 8,0 h. Déterminer la masse de zinc consommée. Données : M(Zn) = 65,4 g·mol⁻¹, F = 9,65 × 10⁴ C·mol⁻¹.
Étape 1 — la charge débitée. Convertir la durée en secondes avant tout calcul : Δt = 8,0 × 3600 = 2,88 × 10⁴ s Q = I · Δt = 15 × 10⁻³ × 2,88 × 10⁴ = 4,3 × 10² C (432 C)
Étape 2 — la quantité d'électrons. n(e⁻) = Q / F = 432 / (9,65 × 10⁴) = 4,5 × 10⁻³ mol
Étape 3 — la quantité de zinc. L'électrode de zinc est l'anode : Zn → Zn²⁺ + 2 e⁻. Chaque atome de zinc libère 2 électrons, donc : n(Zn) = n(e⁻) / 2 = 4,48 × 10⁻³ / 2 = 2,2 × 10⁻³ mol
Étape 4 — la masse. m(Zn) = n(Zn) × M(Zn) = 2,24 × 10⁻³ × 65,4 = 0,15 g
Le point qui rapporte, et que la moitié des copies manque : le facteur 2. Il vient de la demi-équation, pas du bon sens. Avec Ag⁺/Ag, il n'y en a pas ; avec Al³⁺/Al, c'est un facteur 3. Écrivez la demi-équation avant de diviser, jamais après.
La capacité électrique d'une pile, c'est la charge totale qu'elle peut débiter jusqu'à épuisement du réactif limitant :
Q_max = n(e⁻)_max · F = n · x_max · F
Elle s'exprime souvent en ampère-heure : 1 A·h = 3600 C. La pile ci-dessus a débité 432 C, soit 0,12 A·h — et elle s'arrête quand le réactif limitant, le zinc de la lame ou les ions Cu²⁺ de la solution, est entièrement consommé. Identifier le réactif limitant fait partie de la question, il n'est pas toujours le métal.
L'électrolyse : forcer la réaction dans le sens inverse
Une électrolyse est une transformation forcée : un générateur impose le passage du courant et fait évoluer le système dans le sens inverse du sens spontané. C'est la différence de fond avec la pile, et elle se dit en une phrase.
| Pile | Électrolyse | |
|---|---|---|
| Sens d'évolution | spontané | forcé, inverse du spontané |
| Rôle électrique | générateur | récepteur |
| Énergie | chimique → électrique | électrique → chimique |
| Le système évolue vers | l'équilibre | l'écart à l'équilibre |
Comment reconnaître une électrolyse dans un énoncé : il y a un générateur dans le circuit, ou l'énoncé impose une intensité. Une pile, elle, *fournit* le courant ; on ne le lui impose pas.
Les mêmes formules s'appliquent — Q = I · Δt et Q = n(e⁻) · F — parce que compter des électrons ne dépend pas du sens dans lequel ils circulent. C'est la raison pour laquelle ce chapitre n'a qu'un seul formulaire pour deux dispositifs.
Exemple : l'électrolyse de l'eau. À la cathode (réduction) : 2 H₂O + 2 e⁻ → H₂ + 2 HO⁻. À l'anode (oxydation) : 2 H₂O → O₂ + 4 H⁺ + 4 e⁻. Le dihydrogène apparaît au pôle négatif, et il s'en forme deux fois plus que de dioxygène — le rapport 2 pour 1 se lit directement sur les coefficients, il ne se devine pas.
Exercice type 2 — électrolyse : masse déposée, puis durée, menées au barème
Énoncé. On réalise l'électrolyse d'une solution de sulfate de cuivre (II) avec une intensité constante I = 2,5 A. À la cathode se dépose du cuivre métallique. Données : M(Cu) = 63,5 g·mol⁻¹, F = 9,65 × 10⁴ C·mol⁻¹. a. Quelle masse de cuivre se dépose en 30 min ? b. Quelle durée faut-il pour déposer 5,00 g de cuivre ?
a. Masse déposée en 30 min
Réaction à la cathode : Cu²⁺ + 2 e⁻ → Cu
Δt = 30 × 60 = 1,8 × 10³ s Q = I · Δt = 2,5 × 1,8 × 10³ = 4,5 × 10³ C n(e⁻) = Q / F = 4500 / (9,65 × 10⁴) = 4,7 × 10⁻² mol n(Cu) = n(e⁻) / 2 = 2,3 × 10⁻² mol m(Cu) = 2,33 × 10⁻² × 63,5 = 1,5 g (1,48 g)
b. Durée pour 5,00 g — on remonte la même chaîne dans l'autre sens :
n(Cu) = m / M = 5,00 / 63,5 = 7,87 × 10⁻² mol n(e⁻) = 2 × n(Cu) = 1,57 × 10⁻¹ mol Q = n(e⁻) · F = 0,157 × 9,65 × 10⁴ = 1,52 × 10⁴ C Δt = Q / I = 15194 / 2,5 = 6,1 × 10³ s, soit 1,0 × 10² min (environ 1 h 41 min)
Le réflexe de contrôle qui sauve la question. 5,00 g, c'est environ 3,4 fois la masse déposée en 30 min ; la durée doit donc valoir environ 3,4 × 30 ≈ 100 min. Elle vaut 101 min. La proportionnalité entre la masse et la durée est directe (à intensité constante), donc ce contrôle est valable à chaque fois, et il prend cinq secondes.
Accumulateurs et pile à combustible : stocker, convertir
Un accumulateur est un dispositif dont la réaction est réversible : il fonctionne en pile à la décharge, et en électrolyse à la charge. C'est exactement la même réaction, parcourue dans les deux sens — d'où son nom de « batterie rechargeable ». Une pile ordinaire, elle, n'est pas rechargeable, parce que sa réaction inverse n'est pas réalisable sans détruire le dispositif.
Attention au vocabulaire à la charge. Pendant la charge, l'accumulateur est un récepteur : l'électrode qui était l'anode à la décharge devient la cathode. C'est une conséquence directe du § 4 — la réaction change de sens, donc les noms suivent. Les pôles + et −, eux, ne changent pas.
Ordre de grandeur utile. La batterie d'un téléphone annonce typiquement 5,0 A·h sous 3,7 V, soit une charge de 5,0 × 3600 = 1,8 × 10⁴ C et une énergie de 5,0 × 3,7 = 18,5 W·h, c'est-à-dire 6,7 × 10⁴ J. Ces conversions (A·h → C, W·h → J) tombent en question de contexte, et elles ne demandent rien d'autre que la définition des unités.
Une pile à combustible dihydrogène-dioxygène réalise la réaction 2 H₂ + O₂ → 2 H₂O, inverse de l'électrolyse de l'eau. Elle n'est pas rechargeable : elle est alimentée en continu en réactifs. Le couplage des deux — électrolyse pour produire H₂, pile à combustible pour le reconvertir — est le schéma de stockage chimique de l'énergie que le programme demande de citer.
Les erreurs qui coûtent le plus
- Confondre oxydant et réducteur. Le réducteur cède les électrons et s'oxyde. Cette erreur intervertit les deux électrodes et fait perdre l'exercice entier, pas un point.
- Mémoriser « anode = pôle + » ou « anode = pôle − ». Les deux sont vraies une fois sur deux. Seul « anode = oxydation » est toujours vrai.
- Oublier le facteur n de la demi-équation. n(e⁻) et n(Cu) ne sont pas égaux. C'est l'erreur la plus fréquente du chapitre, et elle donne un résultat exactement 2 fois trop grand — un ordre de grandeur crédible, donc elle passe inaperçue à la relecture.
- Oublier de convertir la durée en secondes. Q = I · Δt exige des secondes. Une durée en heures multiplie le résultat par 3600.
- Faire transporter des électrons par le pont salin. Dans une solution, ce sont les ions qui portent le courant.
- Laisser un électron dans l'équation de réaction finale. Signe certain d'une combinaison mal faite.
- Confondre le sens du courant et celui des électrons dans le fil : ils sont opposés.
Le formulaire à savoir par cœur
| Relation | Unités |
|---|---|
| Q = I · Δt | C, A, s |
| Q = n(e⁻) · F | C, mol, C·mol⁻¹ |
| F = 9,65 × 10⁴ C·mol⁻¹ | — |
| n(e⁻) = n · x_max | n lu sur la demi-équation |
| Q_max = n · x_max · F | capacité électrique |
| 1 A·h = 3600 C | conversion |
| m = n · M | g, mol, g·mol⁻¹ |
Les quatre phrases qui valent chacune un point :
- L'anode est le siège de l'oxydation, la cathode celui de la réduction.
- Dans le fil, les électrons vont de l'anode vers la cathode ; le courant, en sens inverse.
- Le pont salin assure la neutralité électrique des solutions par migration des ions.
- Une électrolyse est une transformation forcée : le système évolue dans le sens inverse du sens spontané.
Teste-toi — 10 questions corrigées
Réponds sans regarder la fiche : la correction et l'explication s'affichent après chaque réponse.
-
Dans un couple oxydant/réducteur, le réducteur est l'espèce qui :
Réponse : cède un ou plusieurs électrons, et subit donc une oxydation. Le réducteur cède ses électrons : il est donc lui-même oxydé. C'est l'oxydant qui les capte et qui est réduit. Cette inversion est l'erreur la plus coûteuse du chapitre, car elle intervertit ensuite les deux électrodes du dispositif. Et un transfert de protons relève de l'acide-base, pas de l'oxydo-réduction. -
Dans une pile comme dans un électrolyseur, l'anode est toujours l'électrode :
Réponse : siège de l'oxydation. L'anode est définie par la réaction qui s'y produit — l'oxydation — et jamais par un signe. C'est précisément ce qui lui permet d'être le pôle négatif d'une pile et d'être reliée au pôle positif du générateur dans une électrolyse, sans contradiction. Moyen mnémotechnique : « An-Ox ». -
Une pile zinc-cuivre débite dans un circuit extérieur. Dans le fil, les électrons circulent :
Réponse : du zinc vers le cuivre, en sens inverse du courant électrique. Le zinc est l'anode : il s'oxyde et libère les électrons, qui partent donc du zinc vers le cuivre dans le fil. Le courant électrique, par convention historique, circule en sens inverse des électrons, soit du cuivre vers le zinc. Les deux informations sont exigibles, et elles sont opposées. -
Quel est le rôle du pont salin dans une pile ?
Réponse : faire migrer ses ions vers chaque demi-pile pour y compenser les charges apparues. Le pont salin ferme le circuit entre les deux demi-piles : ses propres ions migrent vers chaque bécher et y compensent les charges qui apparaissent, la solution s'enrichissant en cations du côté de l'oxydation et s'en appauvrissant du côté de la réduction. Dans une solution, les porteurs de charge sont les ions, jamais des électrons libres : rien ne traverse le pont sous forme d'électrons. Le pont n'est pas non plus un passage entre les deux solutions — si l'oxydant et le réducteur entraient en contact, la réaction se ferait directement, sans circuit extérieur, et la pile ne débiterait aucun courant. Enfin, les ions du pont sont choisis pour ne participer à aucune transformation aux électrodes : les espèces oxydées et réduites sont celles des demi-piles elles-mêmes. -
Qu'est-ce qui caractérise une électrolyse par rapport à une pile ?
Réponse : le système évolue dans le sens inverse du sens spontané, et le dispositif est un récepteur. Une électrolyse est une transformation forcée : un générateur impose le passage du courant et fait évoluer le système à contre-courant de son évolution naturelle, en s'écartant de l'équilibre. Le dispositif reçoit donc de l'énergie électrique et la convertit en énergie chimique : c'est un récepteur, là où la pile est un générateur. Ce n'est donc ni une pile accélérée, ni la même réaction avec d'autres électrodes : c'est le sens d'évolution lui-même qui est inversé. -
On électrolyse une solution de sulfate de cuivre avec I = 2,5 A pendant 30 min. Quelle quantité d'électrons a circulé ? (F = 9,65 × 10⁴ C·mol⁻¹)
Réponse : 4,7 × 10⁻² mol. Il faut convertir la durée en secondes avant tout : Δt = 30 × 60 = 1,8 × 10³ s. Alors Q = I · Δt = 4,5 × 10³ C, puis n(e⁻) = Q / F = 4500 / 96500 = 4,7 × 10⁻² mol. La valeur 2,3 × 10⁻² mol est celle du cuivre déposé, obtenue en divisant par 2 une étape trop tôt ; 7,8 × 10⁻⁴ mol vient d'une durée laissée en minutes. -
Dans un électrolyseur, la cathode est :
Réponse : reliée au pôle négatif du générateur, et siège de la réduction. La cathode est par définition le siège de la réduction, qui consomme des électrons : le générateur doit donc les lui fournir, et elle est reliée à son pôle négatif. Attention à ne pas transposer la pile, où la cathode est le pôle positif : c'est la réaction qui définit le nom de l'électrode, pas le signe. -
Même électrolyse : I = 2,5 A pendant 30 min, dépôt de cuivre à la cathode selon Cu²⁺ + 2 e⁻ → Cu. Quelle masse de cuivre se dépose ? (M = 63,5 g·mol⁻¹)
Réponse : 1,5 g. Q = 4,5 × 10³ C, donc n(e⁻) = 4,7 × 10⁻² mol. La demi-équation impose n(Cu) = n(e⁻) / 2 = 2,3 × 10⁻² mol, d'où m = 2,33 × 10⁻² × 63,5 = 1,5 g. Oublier le facteur 2 donne 3,0 g, soit exactement le double : un ordre de grandeur crédible, donc une erreur qui survit à la relecture. -
Toujours à I = 2,5 A, quelle durée faut-il pour déposer 5,00 g de cuivre ?
Réponse : 1,0 × 10² min. On remonte la chaîne : n(Cu) = 5,00 / 63,5 = 7,87 × 10⁻² mol, n(e⁻) = 2 × n(Cu) = 0,157 mol, Q = n(e⁻) · F = 1,52 × 10⁴ C, puis Δt = Q / I = 6,1 × 10³ s, soit 1,0 × 10² min. Contrôle immédiat : 5,00 g vaut 3,4 fois la masse déposée en 30 min, et 3,4 × 30 ≈ 100 min. -
Une pile zinc-cuivre débite I = 15 mA pendant 8,0 h. Quelle masse de zinc a été consommée ? (M(Zn) = 65,4 g·mol⁻¹)
Réponse : 0,15 g. Δt = 2,88 × 10⁴ s, donc Q = 15 × 10⁻³ × 2,88 × 10⁴ = 432 C et n(e⁻) = 4,5 × 10⁻³ mol. L'anode de zinc s'oxyde selon Zn → Zn²⁺ + 2 e⁻, donc n(Zn) = 2,24 × 10⁻³ mol et m = 0,15 g. La valeur 0,29 g oublie le facteur 2 ; 4,1 × 10⁻⁵ g vient d'une durée laissée en heures.
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